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Pour cette première, François PICARLE, Chargé d’Affaires Senior chez Turenne Capital, a accepté de répondre à quelques questions :
Quelle est la politique d’investissement de Turenne Capital ?
Depuis plusieurs années la politique d’investissement de Turenne Capital s’articule autour de trois types d’opérations :
- Les opérations de capital développement pour financer la croissance d’entreprises ayant déjà atteint un certain stade de maturité;
- Les opérations de reconfiguration du capital permettant de répondre à des problématiques de transmission ou de diversification patrimoniale d’actionnaires dirigeants en place;
- Les opérations mixtes de développement et de reconfiguration du capital. Ces dernières constituent d’ailleurs l’essentiel de nos dernières opérations.
Turenne Capital investit dans tous types de secteurs d’activité avec un intérêt particulier pour la santé, les services externalisés, la distribution spécialisée et le développement durable. Les montants investis sont compris entre 1 et 7 millions d’euros, avec une moyenne de 3 millions d’euros sur les 18 derniers mois. A ce jour, Turenne Capital investit dans toute la France et privilégie l’axe Lille – Paris – Lyon – Marseille.
En se positionnant sur le segment du capital développement et des transmissions pour des PME en forte croissance et présentant une valeur d’entreprise inférieure à 50 millions d’euros lors de l’investissement, Turenne Capital est devenu l’un des principaux acteurs indépendants sur ce marché.
Vos critères d’investissement ont ils évolué depuis 2008 ?
Au contraire, la forte dégradation de l’environnement économique et financier qui touche l’économie, nous conforte dans notre positionnement et notre stratégie d’investissement. En effet, dans l’environnement économique actuel, même les PME françaises matures et profitables peinent à financer leur croissance.
Ces difficultés sont principalement liées au « crédit crunch », les banques devenant beaucoup plus restrictives dans leurs allocations de crédit. Aussi, ne pouvant plus autant compter sur les banques, de nombreuses PME font appel dorénavant aux investisseurs en fonds propres, multipliant ainsi pour Turenne les opportunités d’investissement ou de refinancement.
Quel est votre rythme d’investissements et quelle tendance constatez-vous sur la qualité des dossiers que vous recevez ?
Turenne a investi 25 M€ en 2007, 55 M€ en 2008 et nous devrions être en 2009 sur un rythme d’investissement équivalent puisque nous avons déjà investi 33 M€ au cours du premier semestre.
Nous rencontrons d’avantage d’opportunités que par le passé car les problématiques de transmission d’entreprises en France continuent de croître et car nous répondons parfaitement aux besoins des entreprises en croissance grâce à nos apports en fonds propres.
Nous avons remarqué que le nombre de dossiers intéressants a augmenté de 15% en 2008 et continue à augmenter en 2009.
Que pensez-vous de la valorisation des PME cotées et quelles sont les conséquences sur votre portefeuille ?
Il est indéniable que les sociétés cotées connaissent des décotes disproportionnées et déconnectées de la valeur réelle de leurs actifs ou de leurs résultats opérationnels. Cette baisse des cours a mécaniquement altéré nos performances en diminuant la valeur liquidative de nos fonds, mais la durée de ces derniers nous permet d’accompagner ces sociétés dans le temps, en particulier dans les phases boursières plus difficiles comme celle que nous traversons actuellement.
Constatez-vous une meilleure visibilité sur l’activité de vos participations ?
De manière générale, les sociétés de notre portefeuille opèrent dans les domaines de la santé, des services externalisés, des services internet et du développement durable. Malgré la crise, ces secteurs résistent bien voire sont en croissance. Pour ces entreprises, la perte de visibilité a donc été moins brutale et moins déroutante que pour certaines de nos participations évoluant sur des secteurs d’activité plus touchés, tels que l’industrie traditionnelle et la distribution. Ces dernières ont vécu dix mois très difficiles du fait de l’arrêt brutal des investissements industriels et de la baisse de la consommation en France.
Heureusement, on constate depuis le milieu de l’été des signes de reprise dans l’industrie. Les dirigeants semblent retrouver un peu de visibilité et anticipent un redémarrage début 2010. Il faut rester optimiste et nous donnons le moyen à nos participations de l’être.






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